Etats-Unis - Brésil: “Impostos e Paixões” rempile pour une seconde année *
Au scenario de la “bromance” contrariée, semble se substituer celui d’une guerre d’influence destinée à protéger Visa et Mastercard face à la déferlante Pix.
Flashback sur 2025
À première vue, les relations commerciales entre les États-Unis et le Brésil sont largement influencées par des divergences politiques structurelles. Le soutien sans faille que le président Trump accorde à l’ancien président Bolsonaro et à sa famille vient pimenter le tout.
C’est - dans le discours du moins - au nom de cette amitié que la Maison Blanche publie le 30 juillet 2025 un décret présidentiel imposant une surtaxe de 40% au titre de l’urgence nationale (IEEPA). “Le traitement réservé à l’ancien chef d’État alimente (...) une dégradation délibérée de l’État de droit, un climat d’intimidation à visée politique ainsi que des violations des droits humains au Brésil”. Washington s’inquiète alors des menaces sur les institutions de nature à nuire “gravement à la tenue d’un scrutin présidentiel libre et équitable en 2026” (des élections générales se tiennent au Brésil en octobre 2026, NDLR).
Au même moment, le 15 juillet 2025, soit 3 jours avant la condamnation de Jair Bolsonaro, le USTR (Office of the United States Trade Representative) lance l’enquête qui justifie ces derniers jours la première salve de droits de douane au titre de la section 301 (cf. infra).
Très vite, l’inflation américaine vient perturber ce scenario. Dès le mois de novembre 2025, l’administration Trump opère une volte-face et des exemptions sont accordées sur certains produits.
L’escalade de 2026
Le dernier épisode de cette “bromance” concerne Eduardo Bolsonaro. Condamné au mois de juin 2026 par la Cour suprême brésilienne à 4 ans de prison pour coercition, le 3e enfant du clan s’est vu octroyer tout récemment une “green card” qui le met à l’abri de toute extradition. En effet le député vit sur le sol américain depuis un an déjà.
Pour la seconde année consécutive, c’est sur le terrain du commerce que les tensions sont les plus fortes. A partir du 24 juillet 2026, les droits de douane de 25% qui s’appliquent aux produits brésiliens, au titre de la section 301, viennent sanctionner le déploiement, depuis 2020, d’un système de paiement opéré par la banque centrale brésilienne. Le rapport publié le 15 juillet 2026 accuse: “ Le système de paiement public brésilien Pix bénéficie d’un avantage concurrentiel indu du fait des exigences réglementaires de la Banque centrale en matière de visibilité et de plafonnement des commissions, ce qui pénalise les acteurs américains du secteur tels que Visa et Mastercard.”
Les Etats-Unis multiplient les offensives : le 24 juillet, une nouvelle enquête du USTR portant cette fois sur le travail forcé est venue ajouter 12,5% supplémentaires aux droits de douane qui entrent en vigueur le même jour.
Les produits brésiliens cumulent 20% de droits de douane en moyenne, faisant du Brésil le second pays le plus taxé après la Chine. “Bien que légitimes au regard du droit américain, ces nouveaux tarifs continueront de faire l’objet d’intenses négociations sectorielles entre le Brésil et les États-Unis”, annonce le PIIE (Peterson Institute for International Economics).
La résistance brésilienne et les limites américaines
Lula reste de marbre : en 2025 comme en 2026, le Brésil choisit d’ignorer les pressions américaines. “Personne ne va modifier notre Pix”, a écrit Lula sur les réseaux sociaux. “Il est public, il est gratuit, et il le restera.” La loi sur la réciprocité économique, adoptée en 2025, donne au gouvernement les moyens de répliquer en-dehors de l’échiquier tarifaire.
Les mesures américaines portent les leçons de la reculade de novembre 2025 : Washington a dû exempter près de 44 % des produits brésiliens tels que le jus d’orange, ou encore le café. A l’approche des midterms, la protection du pouvoir d’achat des ménages confine au sacré.
*”Impôts et passions” - toute similitude avec une novela existante serait purement fortuite.




